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Comment rester hydratée pendant les traitements même quand boire devient difficile

{{ config.mag.article.published }} 11 juin 2026

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Photo : Shutterstock/Alliance Images

Quand on a un cancer, on peut vite être déshydratée. Particulièrement si l’on a du mal à s’alimenter ou que l’on ne boit pas suffisamment quand il fait chaud. Astuces et conseils pour boire ce qu’il faut, quand il le faut.

« Aucun médecin ne parle d’hydratation », déplore Béatrice, 80 ans, d’abord soignée pour une tumeur au sein, puis pour un cancer du poumon métastatique. « La cancérologue n’a rien mentionné, rapporte Hélène, 61 ans, suivie pour un cancer du sein métastatique. Toutefois, il est bien noté dans le livret de présentation qu’on m’a donné de boire 1,5 litre par jour ». De l’eau, de préférence. C’est vrai, l’hydratation est rarement un sujet spontanément évoqué entre patients et soignants, comme si cela allait de soi. Or, c’est une vraie problématique, surtout quand on suit un parcours de soin en cancérologie. Car avec les traitements et les effets secondaires, conserver un bon apport hydrique journalier est particulièrement important. Le hic, c’est qu’il n’est pas toujours facile d’y parvenir. 

H₂O : une formule précieuse !

L’eau n’est pas “juste” une boisson : elle représente environ 60 % de notre poids corporel. Ses petites molécules H2O sont des éléments essentiels pour le bon fonctionnement de chacune de nos cellules. On les retrouve dans notre sang et tous les fluides. L’eau participe à la bonne régulation de notre température corporelle et à l’élimination de nos déchets, à la protection de nos articulations et de nos muqueuses. Elle soutient l’immunité et la capacité de notre corps à encaisser les traitements. Bref, difficile de s’en passer ! Problème : « nous ne la stockons pas, précise Emilie Masi, diététicienne. On en perd chaque jour près d’1,5 litre par les urines et un autre litre par la transpiration, les selles et la respiration. » Il faut donc compenser cette perte chaque jour en buvant et en… mangeant.

Comment bien s’hydrater ?

En moyenne, l’hydratation totale devrait atteindre environ 2,5 litres par jour. Un litre provient de l’alimentation (fruits, légumes, soupes, yaourts, sorbet…), le reste des boissons, surtout de l’eau. Concrètement, cela correspond à 1,5 à 2 litres d’eau par jour, soit 6 à 8 verres. Comptez 1/2 litre supplémentaire si vous allaitez, en cas de fièvre ou de chaleur, d’effets secondaires comme les diarrhées ou les vomissements ou encore, si vous vous dépensez. 

Quels signes montrent que vous n’êtes pas assez hydratée ?

Une fatigue, un manque d’énergie, mais « le meilleur marqueur, ce sont les urines, indique le Dr Funk-Debleds, gastro-entérologue et responsable de l’unité transversale de nutrition du centre Léon-Bérard à Lyon. Si vous en faites peu ou qu’elles sont foncées, cela signifie que vous êtes déshydratée, ce qui peut provoquer des sensations de malaise, de l’hypotension, des céphalées voire une insuffisance rénale… ».

💡NOTRE CONSEIL : n’attendez pas d’avoir soif pour boire car c’est déjà un signe de déshydratation.

Quelle eau choisir ?

Bonne nouvelle : en France, l’eau du robinet est, dans la grande majorité des cas, très contrôlée et sûre. Elle apporte des minéraux indispensables au bon fonctionnement de l’organisme comme le calcium ou le magnésium. Si son goût de chlore vous dérange, laissez-la simplement reposer un peu au réfrigérateur. Une carafe filtrante peut améliorer le goût, à condition d’être très bien entretenue (sinon c’est un nid à microbes !). Quant aux eaux minérales, elles peuvent être utiles. Par exemple :

  • Pour lutter contre la fatigue ou la constipation, ou si vous manquez de magnésium, il vous sera peut-être conseillé de boire des eaux telles que Rozana, Hépar, Quézac. 
  • Pour renforcer vos os, vous pourriez avoir besoin d’un petit boost de calcium fourni en buvant de la Courmayeur, de l’Hépar, ou de la Contrex. 
  • Un souci de digestion ? Une eau riche en bicarbonate sera à privilégier, telle que Saint-Yorre, Vichy Célestins, Badoit… Ceci étant dit, « en cas de cancer digestif, l’eau gazeuse peut être mal tolérée », prévient Leila Nahal, diététicienne-nutritionniste à l’Institut Montsouris, à Paris. A contrario, « l’eau pétillante aide à mieux digérer, relève Valérie Royer-Garabige, diététicienne-nutritionniste à l’Institut Curie. Et, en cas de fausses routes (cancer ORL), elle est parfois mieux tolérée car les bulles stimulent le réflexe de déglutition… ». 

Avant de faire le plein de packs d’eau, n’hésitez donc pas à poser toutes les questions que vous pouvez avoir à votre équipe médicale, même si vous pensez qu’elles sont un peu bêtes.

À quelle température et quand la consommer ?

Côté température, l’eau tempérée est souvent mieux supportée, surtout si votre bouche est sensible ou en cas de nausées. L’eau glacée peut parfois majorer l’inconfort. Il est préconisé de fractionner la prise hydrique tout au long de la journée, selon ses besoins, et de « boire plutôt en dehors des repas pour ne pas créer une satiété trop précoce, en particulier quand on s’alimente difficilement », précise le Dr Funk-Debleds. 

💡NOTRE ASTUCE : Pour ne pas oublier de boire, une astuce simple : le matin remplir une gourde ou une bouteille de 1,5 litre, de préférence transparente, afin de bien surveiller sa consommation, et se donner pour objectif de la terminer dans la journée. 

Et quand boire devient mission impossible ?

Nausées, goût métallique, bouche douloureuse, fatigue, face à ces inconvénients rusez : avalez de petites gorgées, utilisez une paille, alternez entre eau, tisanes et bouillons. 

« Twistez votre eau, en l’aromatisant avec une rondelle de citron, d’orange ou de concombre, des fruits rouges, du gingembre, des feuilles de menthe ou de verveine. Pour les plus gourmandes, optez pour des sirops parfumés de bonne qualité, en restant raisonnable sur les quantités (1 à 2 cuillères à café pour 500 ml d’eau) », conseille Emilie Masi. Rappel : le pamplemousse sous toutes ses formes (fruit, jus etc), le thé vert, l’infusion de millepertuis sont déconseillés car ils ont des interactions fâcheuses avec certains  traitements. 

Vous avez du mal à avaler ? « Vous pourrez opter pour de l’eau gélifiée toute prête (certaines sont aromatisées) ou ajouter un gélifiant dans l’eau que vous aurez aromatisée au préalable », poursuit la diététicienne

Et si malgré tout, boire devient presque impossible, ou si les pertes sont importantes et durables, parlez-en à votre équipe médicale.

Certains aliments et boissons peuvent interagir avec les traitements du cancer - roseupassociation-rosemagazine-maisonroseup

À LIRE AUSSI : Sucre, soja, pamplemousse, thé… Beaucoup d’idées reçues circulent autour de ce que l’on peut (ou non) manger ou boire quand on a un cancer. On démêle le vrai du faux dans cet article.

Électrolytes ou pastilles « spéciales hydratation », c’est bon pour moi ?

« Les électrolytes, les minéraux présents dans l’eau (calcium, magnésium, sodium…), permettent de retenir l’eau dans les cellules (osmolarité). Sans eux, l’eau est éliminée plus vite, explique Emilie Masi. Mais ils sont naturellement présents et en très bonne quantité dans les eaux du robinet, minérales et de source. Et avec une alimentation variée, pas besoin d’en rajouter. Sauf en cas de perte d’appétit, diarrhées ou de transpiration importante. Dans ces cas-là, les SRO (Solutions de Réhydratation Orales), vendues en pharmacie, seront plus indiquées. »

Céline Dufranc et la rédaction de Rose magazine


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La rédaction de Rose magazine

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