Pass sanitaire obligatoire : comment les services d’oncologie s’adaptent

Le projet de loi rétablissant et complétant l’état d’urgence sanitaire a été définitivement adopté par le Parlement dans la nuit du dimanche 25 au lundi 26 juillet. Le texte prévoit l’extension du pass sanitaire dans les hôpitaux et les centres de soins.

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Suite à la recrudescence de cas de Covid-19 liée au variant Delta en France, le gouvernement a soumis un projet de loi visant à compléter l’état d’urgence sanitaire. Ce texte, adopté par le Parlement dimanche soir, renforce notamment les mesures sanitaires dans les hôpitaux et les centres de soins. Dorénavant, tous les visiteurs et les personnes dont les soins ont été programmés devront obligatoirement présenter un pass sanitaire. Soit une des trois preuves sanitaires prévues par la loi : une attestation de vaccination complète, un test PCR négatif datant de moins de 48 heures(1) ou, pour les personnes ayant déjà été infectées par le SARS-Cov-2, le résultat d’un test PCR positif de plus de 2 semaines et moins de 6 mois. Une exception à cette règle : les personnes devant être hospitalisées en urgence n’auront pas à présenter ces justificatifs.

S’adapter aux patients

Dans les services d’oncologie, on s’organise pour que cette nouvelle contrainte ne soit pas préjudiciable aux patients. Le Pr Jean-Yves Blay, président d’Unicancer, entend bien appliquer cette loi de façon pragmatique dans les Centres de lutte contre le cancer dont il a la charge : « Nous allons nous adapter, vacciner le plus rapidement possible les malades de cancer qui ne le sont pas encore, notamment les récemment diagnostiqués ».

Et si une patiente dont les soins ont été programmés ne souhaite pas se faire vacciner, ou n’a pas encore reçu sa deuxième dose ? « Nous réagirons au cas par cas, en lui proposant soit un créneau de vaccination chez nous ou un test virologique PCR pour que ses soins ne soient pas retardés », explique le Pr Pierre Fumoleau, directeur de l’institut Curie. L’établissement parisien a déjà commencé à informer ses patients : « Lorsque le rendez-vous est confirmé, nous envoyons par email ou sms, un message d’incitation à la vaccination et un rappel des règles sanitaires ». Le mot d’ordre tient donc en deux mots : anticipation et adaptation.

Protéger l’hôpital

Ces nouvelles mesures appliquées aux hôpitaux et centres de soins ont bien failli être abandonnées lors des différents allers-retours du texte entre les 2 chambres du Parlement. Un amendement, déposé par le député Philippe Banassaya (Les Républicains), permettant d’éviter aux visiteurs ainsi qu’aux patients non-urgents d’avoir à présenter le fameux pass sanitaire avait en effet été adopté en première lecture du texte par l’Assemblée. Olivier Véran, le ministre de la santé, a alors lui-même demandé une seconde délibération sur cet amendement qu’il considérait comme  « totalement contradictoire avec l’esprit du pass sanitaire, qui consiste à faire des établissements où les personnes âgées, les personnes fragiles, les personnes malades résident, des sanctuaires éloignés du covid. » Une requête qui a finalement été entendue.

Le projet de loi doit encore obtenir la validation du Conseil constitutionnel pour être appliqué. La décision sera rendue publique d’ici au 5 août.

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Paul Thorineau

1. Depuis la rédaction de cet article, la validité des tests est passé de 48 à 72h (mise à jour du 9/08/2021)