Coronavirus : arrêt de travail pour les personnes vivant avec des malades de cancer

En raison de l'épidémie de coronavirus, les personnes qui partagent le domicile d'une personne touchée par un cancer peuvent dorénavant bénéficier d'un arrêt de travail. Qui est concerné ? On fait le point.

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Depuis des semaines, les autorités de santé martèlent que les malades de cancer font partie des personnes à risque face au coronavirus et qu’elles doivent appliquer les gestes barrières à la lettre. Des consignes difficiles à respecter lorsque les personnes qui partagent votre toit sont, elles, obligées de sortir chaque jour pour aller travailler.
Cette aberration vient d’être corrigée : dorénavant « les personnes qui partagent leur domicile avec un proche à l’état de santé jugé fragile (…) peuvent bénéficier d’un arrêt de travail » si le télétravail est impossible, peut-on lire sur le site de l’Assurance Maladie.

Quels malades sont concernés ?

Selon le Haut Conseil de la santé publique, les personnes considérées à risque sont :
  • les personnes âgées de 70 ans et plus ;
  • les patients aux antécédents cardiovasculaires: hypertension artérielle compliquée, accident vasculaire cérébral ou  coronaropathie, chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV ;
  • les diabétiques insulinodépendants non équilibrés ou présentant des complications secondaires à leur pathologie ;
  • les personnes présentant une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d’une infection virale ;
  • les patients présentant une insuffisance rénale chronique dialysée ;
  • les malades atteints de cancer sous traitement.

Les malades de cancer sont donc concernés à plus d’un titre comme le précise le Pr Ivan Krakowski, oncologue médical et président de l’Association Francophone des Soins Oncologiques de Support : « Les personnes atteints de cancer peuvent entrer dans ces critères en raison de leur âge : beaucoup de cancers touchent en effet les personnes de plus de 70 ans. Mais aussi parce que certains cancers sont associés à une pathologie chronique respiratoire, notamment toutes les atteintes par cancer primitif du poumon, ORL, et métastatiques pulmonaires ou pleurales. Et évidemment, parce qu’elles sont sous traitements. »

Quels traitements sont concernés ?

Mais de quels traitements parle-t-on ? « Il n’existe pas de liste officielle des traitements pour les malades atteints de cancers considérés comme “plus à risque” que d’autres. L’appréciation se fait par le médecin traitant, en lien avec un oncologue si nécessaire. Pour les chimiothérapies aplasiantes (entraînant une chute des globules blancs, ndlr), certaines immunothérapies ou les traitements anti-inflammatoires chroniques à haute dose, les patients entrent toutefois dans la catégorie des personnes à risque. Néanmoins, certains traitements adjuvants (destinés à réduire les risques de récidives, ndlr), comme les hormonothérapies dans le cadre des cancers du sein, ne présentent pas de risques » nous a répondu la Direction Générale de la Santé.

Les hormonothérapies prescrites pour le traitement des cancers métastatiques font en revanche partie des traitements concernés.

Quelle est la durée pour l’arrêt de travail ?

Si le télétravail est impossible, les proches de personnes vulnérables pourront solliciter leur médecin traitant afin d’obtenir un arrêt de travail jusqu’au 15 avril, date de la fin du confinement. Si celui-ci devait être prolongé, l’arrêt de travail pourra être renouvelé.

Comme tous les arrêts de travail établis pendant le confinement, aucun délai de carence ne sera appliqué.

Emilie Groyer