En mars 2014, je fais une mammographie et une échographie de contrôle, et tout est normal. Pourtant, je sens une masse sur le côté de mon sein. Les médecins me rassurent et m’expliquent que la glande mammaire peut être plus dense d’un côté que de l’autre
Un mois plus tard, je retourne voir ma généraliste, qui me prescrit une pommade aux œstrogènes pour soigner ce qu’elle pense être une mastose. Mais je n’y crois pas, je suis déjà ménopausée. J’applique quand même la crème consciencieusement durant un mois.
L’intuition que quelque chose ne va pas
À ce moment-là, je viens de signer un nouveau CDI (je suis coiffeuse) et je mets mes symptômes sur le compte du stress. Mais, au fond de moi, j’ai l’intuition que quelque chose ne va pas.
Les semaines passant, je suis de plus en plus épuisée, j’ai parfois tellement mal aux jambes que j’en pleure. Alors, au bout de deux mois, je retourne voir ma généraliste, qui est à l’écoute et qui sait que je ne suis pas du genre à me plaindre. J’insiste auprès d’elle jusqu’à la convaincre de me prescrire à nouveau les examens. La mammographie et l’échographie reviennent normales.
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Une tumeur invisible
Alors je m’écoute encore et je dis à la radiologue que je veux qu’elle fasse une biopsie, même si on ne voit rien d’inquiétant à l’imagerie. J’ai toujours parlé avec les médecins comme je parle avec tout le monde. Ce n’est pas parce que l’on est patient que l’on ne doit pas être écouté.
La radiologue me dit : « La seule solution est de faire une biopsie à l’aveugle. » Je lui demande de la faire immédiatement.
Résultat : un lobulaire infiltrant, une tumeur qui « mime » la glande mammaire, qui ne se voit donc pas sur les images. Elle fait déjà 8 cm, et deux ganglions lymphatiques sont aussi touchés
J’ai eu raison d’être insistante
S’ensuivent une mastectomie, sept séances de chimio et seize séances de rayons. Ainsi qu’une hormonothérapie pour dix ans.
Avec le recul, je sais que j’ai eu raison d’être insistante, même si j’ai pu passer pour quelqu’un de pénible. Si j’avais attendu la mammo suivante, un an plus tard, il y aurait sans doute eu des métastases.
Propos recueillis par Cécile Blaize et Laure Marsecaux
Retrouvez cet article dans Rose magazine n°28