Agathe Auproux annonce son lymphome sur Instagram

Diagnostiquée mi-décembre d'un lymphome, Agathe Auproux, ex-chroniqueuse de "Touche pas à mon poste", a annoncé hier son cancer sur Instagram.

Agathe Auproux, ancienne chroniqueuse de l’émission de C8 « Touche pas à mon poste » a choisi Instagram (lire notre article « Instagram et cancer : tu me likes, je me like ») pour l’annoncer sobrement : « Bon, je dois vous dire quelque chose. J’ai un cancer. »

A 27 ans, la jeune femme se dit soulagée de révéler enfin sa maladie, après plusieurs mois de chimiothérapie : « J’avais juste besoin d’arrêter de mentir, ou tout du moins d’arrêter de faire semblant ici devant vous tous les jours. Je fais un métier d’image et je pensais que ce serait plus facile de garder tout ça pour moi. C’était finalement devenu complètement schizophrénique et oppressant. C’est plus sain de l’assumer. » (lire notre article « Ce cancer que j’ai tu ») Elle n’hésite pas à poser en blouse bleue sur son lit d’hôpital et à afficher fièrement sa chambre implantable qu’elle avoue pourtant détester.

Agathe Auproux, ancienne chroniqueuse de l’émission de C8 « Touche pas à mon poste » a choisi Instagram pour annoncer son lymphome

Un cancer « nomade »

Tout comme la youtubeuse Gwenn, Agathe Auproux est atteinte d’un lymphome. Un cancer causé par la prolifération de certains globules blancs : les lymphocytes.

Ces cellules de notre système immunitaire sont produites par la moelle osseuse. Certaines d’entre elles – les lymphocytes dits « T » – ont besoin d’un petit passage par le thymus pour finir leur développement. Une fois matures, les lymphocytes rejoignent les ganglions ou la rate à la recherche d’agents pathogènes qu’elles ont en charge de détruire. Pour cela, elles emprunteront les circulations sanguine ou lymphatique (sorte de circuit parallèle au sang qui véhicule la lymphe).

Schéma issu du guide de l’Institut national du cancer « Comprendre les lymphomes non hodgkiniens »

Le caractère « nomade » des lymphocytes explique pourquoi le lymphome peut apparaître dans les ganglions, la rate ou le thymus et s’étendre à tous les organes drainés par le sang et la lymphe. Le plus souvent, le cancer atteint le tube digestif, la peau, les amygdales, et plus rarement le cerveau, le foie et les poumons.

Un cancer pluriel

En réalité, il n’existe pas un lymphome mais des lymphomes. On en dénombre 30 types regroupés dans 2 catégories : les hodgkiniens (LH) et les non hodgkiniens (LHN) (lire notre article « Les différents types de lymphomes »).

Le LNH est le 5ème cancer le plus fréquent avec de 10 000 personnes touchées par an en France. Il est plus fréquent chez les hommes et les personnes de plus de 60 ans. Le traitement de référence est une chimiothérapie associée à une immunothérapie (lire notre article « Traitement lymphome : la révolution des anticorps monoclonaux »). Lorsque le cancer est particulièrement agressif, le recours à des chimiothérapies très toxiques peut être justifié. Il sera alors nécessaire de réaliser une greffe de cellules souches hématopoïétiques issues de la moelle osseuse pour restaurer les globules blancs et rouges du patient détruits par les traitements.

Les LH sont plus rares avec moins de 2 000 nouveaux cas par an en France. Ils se distinguent des LNH par la présence de cellules caractéristiques, les cellules de Reed-Sternberg, par son caractère plus localisé. Il touche essentiellement les jeunes entre 20 et 30 ans, et les personnes de plus de 60 ans. Il se soigne par chimiothérapie seule ou en combinaison avec de la radiothérapie.

Depuis peu, les médecins peuvent compter sur un nouveau traitement pour les patients réfractaires aux thérapies classiques ou en rechute : les CAR-T cells.

Si le pronostic du LH est en général assez bon, celui du LNH dépend du type de lymphome et d’autres critères (âge, malignité…). Le diagnostic est aussi limitant : les symptômes de ce cancer sont peu spécifiques (fièvre persistante, sueurs important surtout pendant la nuit, perte de poids…) et peuvent faire penser à des maladies virales comme la grippe ou la mononucléose (lire notre article « Lymphome : difficile à diagnostiquer, plus facile à soigner »).

Emilie Groyer