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La lubrification naturelle du vagin est loin d’être toujours optimale, en particulier après la ménopause, lorsque la muqueuse vaginale s’affine et qu’elle sécrète moins de cyprine (sécrétion vaginale liée au désir). En cause : un manque d’oestrogènes, garants de l’élasticité et de l’hydratation de la paroi vaginale.
Mais c’est aussi un effet secondaire fréquent des traitements du cancer. Chimiothérapie, hormonothérapie, ablation ou radiothérapie des ovaires ou encore irradiation du pelvis induisent une ménopause qui peut être temporaire ou définitive.

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Conséquences de cette sécheresse vaginale ? Brûlures, irritations, douleurs lors des rapports sexuels – voire saignements –, modification de la flore bactérienne et infections urinaires peuvent transformer la vie amoureuse des femmes en… enfer.
« C’est l’effet domino, explique le Dr Bagot, gynécologue et auteur du livre Vagin & Cie, on vous dit tout !1. Un cercle vicieux s’installe à partir du moment où la lubrification est insuffisante. C’est sec, donc ça fait mal, et voilà le premier grain de sable qui enraye le processus d’excitation. La lubrification, qui est proportionnelle à l’excitation, étant moins bonne, le plaisir sera moins souvent au rendez-vous. Le nombre de rapports va diminuer, ce qui fragilisera encore plus la muqueuse vaginale, qui sera plus sèche, et ainsi de suite… »
Premier réflexe : consultez. Les sensations d’inconfort ou de brûlure peuvent être le signe d’une infection.
Si ce diagnostic est écarté, optez pour un traitement de fond qui soulagera durablement ces symptômes. Mais, en attendant qu’ils fassent effet, les lubrifiants sont une solution à portée de main pour atténuer efficacement les frottements lors d’un rapport sexuel.
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Reste à bien le choisir et à correctement l’utiliser.
Les compositions à privilégier
“Plus la composition du lubrifiant est simple, mieux c’est” rappelle le Dr Aliette Dezellus, gynécologue médicale et sexologue à l‘Institut de Cancérologie de l’Ouest. Ensuite, c’est selon vos préférences.
Les lubrifiants à base d’eau
Avantages : faciles à manipuler, ils ne collent pas et ne tachent pas. Ils sont également compatibles avec les préservatifs et les sextoys.
Inconvénients : il faut en réappliquer régulièrement car ils s’évaporent rapidement.
HYDRATANT ET LUBRIFIANT ?
Ne confondez pas vos crèmes hydratantes vaginales avec vos lubrifiants, vous risquez d’être déçue. Les crèmes agissent en profondeur pour restaurer la souplesse de votre vagin et calmer les irritations. En revanche, elles ne réduisent pas les frottements. Une exception : le Monasens© qui joue sur les 2 tableaux.
Les huiles végétales
Avantages : vous avez le choix ! Huiles de coco, de jojoba, d’amande douce… les options ne manquent pas et chacune a ses propriétés. L’huile vierge de coco est réputée pour ses vertus antimicrobiennes et cicatrisantes, et laisse un voile protecteur sur la peau. L’huile d’amande douce est quant à elle souveraine pour apaiser les démangeaisons et les irritations.
Conseils : Privilégiez les huiles certifiées Bio, sans parfum et vierges (c’est-à-dire obtenues sans traitement chimique). N’hésitez pas à également en tester une petite quantité sur votre peau pour trouver la texture qui vous convient : les huiles sont plus ou moins visqueuses ou pénétrantes.
Le petit plus : “Au-delà de leur aspect pratique, les huiles apportent une véritable dimension sensorielle. Elles s’intègrent tout naturellement à vos préliminaires, transformant par exemple un simple massage en un moment intime” conseille le Dr Dezellus.
Inconvénients : les huiles ne sont compatibles ni avec les préservatifs qu’elles peuvent rendre poreux et donc inefficaces, ni avec les sextoys qu’elles peuvent abîmer.
Les ingrédients à éviter
Afin d’éviter d’aggraver votre inconfort, restez prudente sur les ingrédients qui composent les lubrifiants. D’une manière générale, il est préférable d’éviter les produits, souvent vendus en grande surface et sur internet, comprenant de la glycérine, des arômes synthétiques, du glycérol, des huiles essentielles ou des composants censés décupler le plaisir.
Vérifiez aussi qu’ils ne contiennent pas de perturbateurs endocriniens, comme les parabènes.
On évite aussi les lubrifiants à base de silicone. Ce dérivé du pétrole peut détériorer les sextoys. Il est par ailleurs déconseillé pour des pratiques sexuelles orales pour ne pas l’ingérer.
On rappelle que, en cas de cancer du sein ou de cancer hormonodépendant, les solutions à base d’oestrogènes sont contre-indiquées.
Les bons gestes
Une fois le produit idéal entre vos mains, voici quelques conseils pour profiter pleinement de ses bienfaits :
Ne lésinez pas sur la quantité
Pour un confort maximal, soyez généreux. Plus la lubrification est abondante, plus les sensations sont agréables. N’attendez pas de ressentir un échauffement ou une douleur pour en rajouter. N’oubliez pas non plus d’en remettre au cours de vos ébats si le besoin s’en fait sentir.
Appliquez-en partout
Pour une glisse parfaite, appliquez le lubrifiant sur votre vulve et à l’entrée du vagin, mais également sur le sexe de votre partenaire ou sur votre sextoy. Deux surfaces lubrifiées valent mieux qu’une.
Le bon timing
Intégrez l’application à vos jeux érotiques. En faire un geste partagé permet de ne pas couper l’élan au moment de la pénétration.
“Et n’oubliez pas que vous pouvez déléguer l’application du lubrifiant à votre partenaire” rappelle le Dr Dezellus.
1. Dr Odile Bagot, Vagin & Cie, on vous dit tout !, Mango éditions, 2019, et Mon guide de survie gynéco, Marabout, 2022.
Céline Dufranc et Emilie Groyer