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Une mastectomie et une reconstruction simultanée sans cicatrice, c’est possible

{{ config.mag.article.published }} 12 janvier 2016

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Romane. Photo : Christian Kettiger

L’Institut Gustave Roussy vient de réaliser une mastectomie et une reconstruction simultanée sans cicatrice.

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C’est un petit miracle de technique, réalisé grâce à l’aide d’un « robot-assisté ». L’Institut Gustave Roussy vient de réaliser une mastectomie et une reconstruction simultanée sans cicatrice. Une première mondiale et un grand espoir pour les 20.000 femmes opérées chaque année.

Cette opération permet de placer les incisions sous l’aisselle, laissant ainsi le sein sans cicatrice visible. « L’objectif est de proposer, dans le cadre réglementé et sécuritaire d’un essai clinique, une alternative chirurgicale, plus esthétique et moins traumatisante psychologiquement, aux femmes qui doivent subir une ablation du sein suivie d’une reconstruction immédiate » précise le Dr Benjamin Sarfati, chirurgien plasticien oncologue à Gustave Roussy, à l’origine de cette première.

Le robot permet de cacher la cicatrice sous l’aisselle

Lorsque l’ablation du sein (mastectomie) est nécessaire, pour des raisons thérapeutiques (cancer du sein) ou préventives (prédisposition génétique), il est souvent proposé aux patientes une reconstruction immédiate par différentes techniques. Dans certains cas, la conservation de l’aréole et du mamelon est possible, ce qui permet d’obtenir de meilleurs résultats esthétiques.

Néanmoins, les techniques chirurgicales classiques entraînent une cicatrice visible et définitive sur le sein, souvent source de souffrances psychologiques, d’une altération de l’image de soi, de la féminité et d’une dégradation de la qualité de vie.

L’idée de dissimuler cette cicatrice sous l’aisselle est alors apparue. Cependant les techniques classiques ne permettent pas d’avoir une vision et une amplitude de mouvement suffisantes pour pratiquer cette intervention dans de bonnes conditions. Le robot permet de pratiquer l’ablation du sein avec une cicatrice beaucoup plus discrète d’environ 4 à 5 centimètres placée sous l’aisselle. Le chirurgien place ensuite lui- même la prothèse par la même incision, comme cela se pratique déjà en chirurgie esthétique.

« Supprimer un risque énorme de développer un cancer du sein sans mutiler la poitrine »

La première patiente témoigne: « J’ai décidé de me faire enlever les deux seins de manière préventive après avoir découvert que je portais la mutation BRCA. Mon histoire personnelle et ma confiance dans la médecine ont motivé ce choix. Une fois ma décision prise, j’ai opté pour la solution inédite que me proposait le Dr Sarfati. J’ai préféré attendre huit mois, dus au délai d’obtention des autorisations, avant de pouvoir me faire opérer avec le robot qui évite une cicatrice sur le sein. Cette technique permettrait de supprimer un risque énorme de développer un cancer du sein sans mutiler la poitrine ».

Quant à la seconde patiente, elle avait déjà subi l’ablation de son premier sein il y a six mois. On lui a, à la suite, diagnostiqué une anomalie génétique:

« J’ai décidé de faire une chirurgie préventive de mon second sein. Cette fois, j’ai eu la chance de pouvoir bénéficier de cette nouvelle technique assistée. J’ai eu beaucoup moins mal et je ne porte pas de marque visible sur la poitrine », explique-t-elle.

Une technique qui pourrait diminuer le risque de complications

Outre le meilleur résultat esthétique et ses conséquences positives sur le plan psychologique, la chirurgie robot-assistée pourrait aussi permettre de diminuer le risque de complications (risque infectieux, nécrose cutanée, réouverture de la plaie, retrait de la prothèse…). Ces bénéfices seront évalués dans le cadre de l’étude clinique prospective de faisabilité « MARCI » qui a été initiée en octobre 2015 à Gustave-Roussy.

Il est prévu d’opérer 35 patientes ayant une indication de mastectomie avec conservation de l’aréole.


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Céline Lis-Raoux est une journaliste, écrivaine et directrice associative française. Elle est notamment connue pour avoir créé Rose magazine, magazine destiné aux femmes malades de cancer et avoir été l’instigatrice de la loi sur le droit à l’oubli en matière d’assurance pour les malades de cancers.

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