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Frottis, contraception, prévention : le rôle méconnu des sages-femmes

{{ config.mag.article.published }} 7 avril 2026

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Illustration : Bénédicte Muller

L'expertise d'une sage-femme dépasse le suivi d’une grossesse ! Vaccination, prescription d’examen, prévention des IST et des cancers féminins… ses compétences, aujourd’hui élargies, en font une vraie alliée de la santé des femmes de 13 à 73 ans, et au-delà !

On a toutes en tête l’image souriante d’une sage-femme présentant son bébé à une maman aussi épuisée que folle de bonheur. Une fois « délivrées, libérées », certaines auront vite fait d’oublier cette praticienne, pensant que son rôle s’arrête là. Erreur !

Depuis la loi portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (HPST), dite loi Bachelot, de 2009, les compétences de ces professionnelles de santé n’ont cessé d’évoluer, donnant une dimension nouvelle et bien plus large qu’avant à un métier qui nécessite – quand même ! – six ans d’études.

Une disposition bienvenue, car avoir un rendez-vous avec un gynécologue n’est pas toujours simple et peut prendre du temps. La profession reste en effet sous tension. En France en 2023, on recensait environ 5 400 gynécologues obstétriciens, et moins de 1 000 gynécologues médicaux, pour près de 30 millions de Françaises (âgées de 15 ans et plus), avec une répartition inégale sur le territoire, et des zones peu pourvues, notamment les départements ruraux et ultramarins. Alors que les sages-femmes sont presque cinq fois plus nombreuses – un peu plus de 24 300 en 2023 (dont 2,8 % d’hommes) – et bien plus accessibles.

Bon à savoir aussi : il n’est pas nécessaire d’avoir une ordonnance pour prendre rendez-vous avec elles, et leurs délais sont très raisonnables !

INFO +

En secteur 1, comptez 26,50 € la consultation et 38,96 € si un frottis  est réalisé. Pour certains actes, les sages-femmes de secteur 2 peuvent facturer des dépassements d’honoraires (voyez avec votre complémentaire santé pour un éventuel remboursement).

Les sages-femmes : un suivi pour toute la vie

Élodie Prot, sage-femme à la maison de santé pluri­professionnelle universitaire Jacques-­Prévert, à Montigny-le-Bretonneux, précise : « Outre le suivi de la grossesse, le post-partum et la rééducation périnéale, nous pouvons assurer le suivi gynécologique de prévention chez toutes les femmes en bonne santé », c’est-à-dire en dehors d’une situation pathologique.

On peut donc consulter une sage-femme à partir de la puberté, et pas seulement jusqu’à la ménopause, car avec une espérance de vie de 86 ans la vie des Françaises est loin de s’arrêter à la cinquantaine !  Une sage-femme est là pour conseiller et prescrire une contraception, poser un stérilet ou un implant contraceptif, mais aussi pour dépister et traiter les infections sexuellement transmissibles (IST).

À LIRE AUSSI : Parce que leur cancer s’alimente des hormones sexuelles, la pilule est contre-indiquée pour les patientes touchées par un cancer hormonodépendant. Quelles options leur reste-t-il alors ? Lisez notre article pour connaître la réponse.

Dépistage et prévention de cancers

Elle joue également un rôle clé dans la prévention du cancer du col de l’utérus, puisqu’elle peut réaliser des frottis. Il est conseillé d’en faire à partir de 25 ans. « Ce premier examen devra être répété un an plus tard. Si tout va bien, il est à renouveler tous les trois ans jusqu’à 30 ans, puis tous les cinq ans jusqu’à 65 ans », détaille Élodie Prot.

Les sages-femmes sont également de précieuses vigies dans la prévention du cancer de la peau et, surtout, du sein. Formées à la palpation mammaire, elles sont à même de pratiquer cet examen – toujours avec le consentement de la patiente – à la recherche d’une anomalie (grosseur, écoulement…). Elles peuvent aussi conseiller et éduquer aux bonnes pratiques de l’autopalpation pour permettre aux femmes de réaliser ce geste, plutôt technique, à la maison. Toutefois, « dès lors qu’un examen clinique est inhabituel ou qu’une pathologie est dépistée, nous orientons la patiente vers un gynécologue ou un médecin spécialiste de la pathologie afin de travailler conjointement », précise Élodie Prot.

Autre domaine de compétences : la vaccination, aussi bien pour les enfants que pour les adultes. Notamment la vaccination contre le papillomavirus (HPV), responsable de 70 % des cancers du col de l’utérus.

Globalement, pour tout ce qui touche à la santé sexuelle des femmes, intimement liée à la gynécologie, on peut prendre rendez-vous avec ces professionnelles, que ce soit pour une consultation préconceptionnelle ou pour réaliser ou se faire prescrire certains examens d’imagerie comme une échographie ou une mammographie. Les sages-femmes sont aussi habilitées à délivrer une ordonnance pour un bilan sanguin, des médicaments en cas d’infection urinaire, de mycose vaginale, etc., ou un arrêt de travail aux femmes enceintes. Elles peuvent aussi prescrire une intervention volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse ; et, depuis 2023, réaliser une IVG instrumentale en établissement de santé sans intervention d’un médecin.

Le cancer du col de l'utérus peut être évité grâce à la vaccination - roseupassociation- rosemagazine

À LIRE AUSSI : Le cancer du col de l’utérus touche plus de 3000 femmes en France par an. Lié à une infection par un papillomavirus, ce cancer pourrait être éradiqué grâce au dépistage et à la vaccination. En Australie, c’est presque le cas. Et ici ? Où en est-on ? On fait le point dans cet article.

Plaisir, libido et santé sexuelle

Décidément polyvalentes, certaines enrichissent leur formation initiale en se spécialisant dans des domaines comme le traitement de l’endométriose, l’allaitement, la nutrition, le sevrage tabagique… D’autres, en complément de leur pratique classique, proposent des séances de yoga, d’ostéopathie ou d’hypnose.

Lucile Girard a choisi la sexologie. Diplômée de cette spécialité, cette sage-femme qui exerce à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) aime accompagner ses patientes dans leurs problématiques intimes : « Elles viennent d’abord me voir pour des motifs classiques : suivi de grossesse, contraception, frottis… » avant d’aborder leurs difficultés au niveau de leur féminité ou de leur sexualité, rapporte-t-elle. Elles sont nombreuses à présenter des troubles du désir, souffrant trop souvent en silence de vaginisme, de douleurs périnéales et/ou de dyspareunies (douleurs lors des rapports sexuels)… Inadmissible pour cette professionnelle alors que « la santé sexuelle fait partie de la santé tout court, selon la définition de l’OMS ».

Il n’est donc pas rare que Lucile parle libido et plaisir sexuel avec ses patientes ou qu’elle les oriente vers des ressources stimulantes tel le compte Instagram @orgasme_et_moi, de Charline Vermont, experte en santé sexuelle féminine : « Le but étant que les femmes se sentent en confiance avec leur corps et bien dans leur tête, et que l’on puisse leur proposer des solutions. » Car elles existent ! Par exemple, en cas de problème de cicatrisation au niveau des muqueuses ou de sécheresse vaginale, on peut recourir à des crèmes cicatrisantes et régénérantes, ou s’appuyer sur du travail corporel ou de la rééducation périnéale.

Pour améliorer encore la prise en charge de ses patientes, Lucile Girard a investi dans des technologies récentes et innovantes comme la técarthérapie (une technique d’électrothérapie), qui aide les muscles à se détendre et améliore les cicatrices fibrosées. Elle propose également des séances de photobiomodulation (thérapie par la lumière) pour réduire les inflammations, diminuer les douleurs et régénérer les tissus.

OÙ TROUVER UNE SAGE-FEMME LIBÉRALE AUTOUR DE MOI ?
Vous pouvez consulter l’annuaire des sages-femmes libérales sur la plateforme de l’Ordre des sages-femmes et sur ameli.fr. Sachez qu’elles sont également présentes dans les maisons de santé pluriprofessionnelles.

Toujours à l’écoute des patientes

L’éducation à la santé faisant partie intégrante de la mission d’une sage-femme, en consulter une est aussi l’occasion d’en apprendre beaucoup sur l’anatomie féminine. Mais, au-delà de leur savoir en matière de physiologie, ces praticiennes ont un petit truc en plus : elles sont à l’écoute. Un lien particulier nourri par les confidences se tisse avec elles, et renforce la relation de confiance d’un rendez-vous à l’autre

« J’aime prendre le temps. Tant mieux si mes consultations durent minimum quarante-cinq minutes » – Véronique Lebuffe

C’est un peu ce qui manquait à Véronique Lebuffe lorsqu’elle exerçait son métier à l’hôpital. À 60 ans, pas vraiment prête à raccrocher sa blouse, elle a ouvert un cabinet à Tourcoing, en 2019. Ayant été touchée par un cancer du sein il y a quelques années, elle est particulièrement attentive à la prévention et à ce qui ne se dit pas forcément. Chez elle, il est possible et normal de parler à cœur ouvert de ce corps meurtri par un accident de vie et de ses cicatrices, visibles et invisibles. « J’aime prendre le temps, confie en souriant celle qui s’est aussi formée à l’hypnose. Et tant mieux si mes consultations durent minimum quarante-cinq minutes ! »

Les sages-femmes sur les réseaux sociaux

Pour ne rater aucune occasion d’informer les femmes, certaines sages-femmes investissent aussi les réseaux sociaux. Parmi elles, Charline Gayault (@Charline.sagefemme), Élise Destannes (@la.sage.femme) et Sophia Rakrouki (@mafertiliteam) rassemblent respectivement 204 000, 168 000 et 44 000 abonnées sur Instagram.

Sans parler des personnes qui les suivent sur TikTok et YouTube. « J’ai trouvé une boule dans mon sein », « les résultats de mon frottis sont positifs, j’ai forcément un cancer ! », « c’est quoi, le col de l’utérus ? » – autant de sujets évoqués avec humour et sans tabou dans leurs posts et leurs vidéos. Une autre manière de faire face aux déserts médicaux, de rattraper une mauvaise expérience auprès d’un professionnel de santé ou d’obtenir une réponse aux questions qu’on n’ose pas toujours poser à son médecin.

Enfin, selon les circonstances : « Pensez à la téléconsultation ! » conseille Charline Gayault.

NOUVEAU : UN BILAN DE PRÉVENTION GRATUIT

Vous aimeriez faire le point sur votre alimentation, votre activité physique,  votre sommeil, ou encore votre santé mentale, ou sexuelle ? Bénéficier de conseils pour prévenir un risque de développer des maladies chroniques (diabète, hypertension, cancers…) ? Depuis juin 2024, vous pouvez réaliser  un « bilan prévention » auprès de médecins, infirmiers, pharmaciens  et sages-femmes volontaires. C’est gratuit et adressé à toute personne âgée de 18 à 75 ans. Pour y accéder, il suffit de remplir un questionnaire.

+ d’infos sur ameli.fr

Retrouvez cet article dans Rose magazine n°28, p. 86


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Céline Dufranc

Présente depuis 2011 et notre numéro 1, elle a promené sa plume dans toutes nos rubriques : reportage, beauté, santé, forme et bien-être… Des sujets dont elle s’empare avec le vécu de celle qui a aussi connu le cancer et qui est aujourd’hui proche aidante auprès de sa maman, atteinte d’un myélome. Son style est dans l’ADN du magazine : enjoué, complice, résolument positif.

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