Quand les résultats de l'auto-complétion sont disponibles, utilisez les flèches haut et bas pour évaluer entrer pour aller à la page désirée. Utilisateurs et utilisatrices d‘appareils tactiles, explorez en touchant ou par des gestes de balayage.

{{ config.search.suggestions }} soin de support soin de socio-esthétique ongles fragilisés par le cancer perte de sourcils liée au cancer maquillage des cils perte de cils liée au cancer Rdv de socio-esthétique sport adapté au cancer détente et bien-être angoisse et stress liés au cancer

Cancer du sein : les nouveaux traitements présentés au congrès de l’ASCO 2026

{{ config.mag.article.published }} 12 juin 2026

{{ bookmarked ? config.sharing.bookmark.remove : config.sharing.bookmark.add }}
@Shutterstock

Des médicaments plus efficaces contre des formes agressives, des traitements espacés sans perte d'efficacité, une désescalade de la chirurgie : telles sont les promesses des résultats présentés cette année au congrès international de cancérologie de l'ASCO pour le cancer du sein. Tour d'horizon des avancées qui pourraient prochainement changer la vie des patientes.

Si les progrès réalisés au cours des 20 dernières années ont considérablement amélioré les taux de guérison des cancers du sein, des formes restent encore difficiles à traiter, notamment les cancers du sein triple négatifs métastatiques, ou certains cancers hormonodépendants résistants aux traitements existants. L’édition 2026 du congrès international d’oncologie de l’ASCO (Chicago) a apporté son lot d’espoirs sur ces fronts. Elle a également proposé des solutions de désescalade pour améliorer la qualité de vie des patientes. Voici ce qu’il faut retenir.

Cancers triple négatifs métastatiques : un nouveau traitement à la triple action

Les cancers du sein triples négatifs sont réputés difficiles à traiter, particulièrement quand ils deviennent métastatiques.

La solution ne serait-elle pas d’attaquer ces tumeurs sur plusieurs fronts ? C’est le pari de l’izalontamab brengitecan (iza-bren©). Pour cela, ce traitement innovant combine deux technologies bien connues en oncologie : 

  • les anticorps conjugués (ADC), qui acheminent la chimiothérapie au cœur de la tumeur, et 
  • les anticorps bispécifiques, capables de se fixer sur 2 cibles simultanément. 

Cet ADC bispécifique a ainsi une triple action :

  • bloquer l’EGFR et le HER3 : deux récepteurs situés à la surface de la tumeur qui lui transmettent le signal de se multiplier ;
  • détruire la tumeur de l’intérieur avec la chimiothérapie.

Testé chez des patientes1 dont le cancer métastatique a progressé après une première ligne de traitements, l’iza-bren a permis de retarder la progression de leur maladie et d’augmenter leur espérance de vie. 

Cette étude devra toutefois être répliquée pour vérifier que ces résultats, obtenus sur une population chinoise, sont transposables à plus large échelle. Par ailleurs, l’efficacité de l’iza-bren a été comparée à celle de la chimiothérapie alors que, dans la même situation, les patientes françaises auraient eu accès à un autre ADC, le Trodelvy. Il sera donc également nécessaire de démontrer que l’iza-bren fait mieux que le traitement actuel.

Cancers hormonodépendants métastatiques : une nouvelle thérapie ciblée avec moins d’effets secondaires

Environ 40 % des cancers hormonodépendants sont porteurs de mutations qui activent en permanence un signal qui les pousse à se multiplier. Ce signal est émis par ce qu’on appelle la voie PAM, du nom de 3 protéines qui se relaient le message : PI3K, Akt et mTOR

Pour bloquer ce signal, les oncologues disposent de différents traitements capables de bloquer l’un ou l’autre des composants de cette voie2. Ces traitements ont démontré leur capacité à ralentir la progression des cancers hormonodépendants métastatiques. Ils entraînent toutefois des effets secondaires difficiles à tolérer pour les patientes (hyperglycémie, éruptions cutanées, diarrhées) qui peuvent contraindre à réduire les doses, voire à arrêter le traitement.

Le gedatolisib pourrait présenter une alternative pour ces patientes. Les résultats3, présentés à l’ASCO 2026, montrent en effet qu’il retarde considérablement la progression de la maladie en bloquant simultanément 2 composantes de la voie PAM : la PI3K et mTOR. Par ailleurs, son principal effet secondaire est une inflammation de la bouche, facilement gérable. Il entraîne en revanche peu de toxicité métabolique majeure, à la différence des autres inhibiteurs de la voie PAM.

Métastases osseuses : un traitement 3 fois moins fréquent et tout aussi efficace

Le dénosumab (Xgeva®) est un médicament couramment utilisé chez les patientes atteintes d’un cancer du sein dont la tumeur s’est propagée dans les os. Il prévient les complications squelettiques : fractures, compressions de la moelle épinière, douleurs invalidantes. Jusqu’ici, ce traitement était administré par injection sous-cutanée tous les mois, une contrainte lourde pour des patientes déjà soumises à de nombreux rendez-vous médicaux.

L’essai REDUSE4, présenté à l’ASCO 2026, a posé une question simple : peut-on espacer ces injections sans perdre en efficacité ? Pour y répondre, l’étude a comparé le schéma thérapeutique habituel à une administration plus espacée, au rythme d’une injection tous les 3 mois. Verdict : cette prise en charge allégée s’avère tout aussi efficace pour prévenir les complications osseuses. Mieux : ce nouveau protocole permet de réduire les hypocalcémies (baisse du calcium dans le sang), ainsi que les nécroses de l’os de la mâchoire, une complication douloureuse et difficile à traiter.

Un résultat qui change d’ores et déjà le quotidien des patientes : “Dès la fin de la présentation des résultats, j’ai envoyé un mail à mes équipes pour appliquer ce nouveau protocole”, confirme le Dr Pistilli.

Le curage axillaire inutile si moins de 2 ganglions sont atteints

Lorsqu’un cancer du sein est diagnostiqué, le chirurgien prélève des ganglions au creux de l’aisselle pour y rechercher des cellules cancéreuses. Si leur présence est confirmée, cela suggère qu’elles ont commencé à s’échapper du sein. Afin d’éviter qu’elles ne se propagent dans le reste du corps, un curage axillaire peut alors être envisagé pour retirer l’ensemble de la chaîne ganglionnaire. Un geste chirurgical lourd, associé à des séquelles parfois invalidantes comme le lymphœdème.

Des études précédentes avaient déjà suggéré que ce curage pouvait être évité sans risque chez les patientes traitées par tumorectomie si seulement un ou 2 ganglions étaient atteints. Un doute persistait cependant quand la tumeur était trop volumineuse et que les femmes devaient subir une ablation complète du sein. L’étude SENOMAC5, présentée à l’ASCO 2026, a mis fin à cette incertitude en démontrant que le curage axillaire n’améliore pas non plus les chances de survie dans cette situation.

En revanche, l’impact sur la qualité de vie est très net : les patientes qui n’ont pas subi de curage signalent moins de douleurs, une meilleure mobilité du bras et moins de lymphœdème. 

En France, cette pratique est déjà largement répandue mais ces résultats viennent la conforter”, commente le Dr Barbara Pistilli, oncologue spécialiste du cancer du sein à Gustave Roussy.

 

Merci au Dr Barbara Pistilli, oncologue spécialiste du cancer du sein à Gustave Roussy, pour son aide dans l’écriture de cet article.

 

1. PANKU-Breast02. Wu J et al. Phase 3 PANKU-Breast02 trial of izalontamab brengitecan vs chemotherapy in pretreated metastatic TNBC. J Clin Oncol 2026 ; 44(suppl) : LBA1003.
2. Les anti-PI3K alpélisib (Piqray®), inavolisib (Itovebi®) et le capivasertib (Truqap®), et l’anti-mTOR l’everolimus (Afinitor®).
3. VIKTORIA-1. A randomized, open-label, phase 3 study of gedatolisib + fulvestrant ± palbociclib vs standard of care in HR+/HER2−/PIK3CA-mutant advanced breast cancer (VIKTORIA-1 Study 2). J Clin Oncol 2026.
4. REDUSE. Müller A et al. Prevalence of symptomatic skeletal events with reduced denosumab dose density (every 12 weeks versus every 4 weeks): SAKK 96/12 REDUSE. J Clin Oncol 2026 ; 44(suppl 16) : 1004.
5. SENOMAC. De Boniface J et al. Omission of completion axillary dissection in patients with breast cancer and sentinel lymph node macrometastases: overall survival and patient-reported arm morbidity from the randomized SENOMAC trial. J Clin Oncol 2026 ; 44(suppl 17) : LBA503.


{{ config.mag.team }}

Emilie Groyer

Rédactrice en chef du site web de Rose magazine. Titulaire d'un doctorat en biologie, Emilie a travaillé 10 ans dans le domaine des brevets en biotechnologie avant d'opérer une reconversion dans le journalisme. Elle intègre la rédaction de Rose magazine en 2018. Sa spécialité : vulgariser des sujets scientifiques pointus pour les rendre accessibles au plus grand nombre.

Recherche et essais cliniquesActualité

Cancer du pancréas : le daraxonrasib, un inhibiteur de KRAS, révolutionne sa prise en charge

Face à un cancer du pancréas avancé, les patients n’avaient souvent qu’une option : la chimiothérapie. Aujourd’hui, l’arrivée du daraxonrasib ouvre de nouvelles perspectives. En neutralisant des mutations de KRAS réputées jusqu’alors inatteignables, cette thérapie ciblée permet d’obtenir des résultats sans précédent. Décryptage de cette entrée dans l’ère de la médecine de précision avec la Pr Cindy Neuzillet.

16 juin 2026

Recherche et essais cliniquesActualité

Cancer du poumon : les nouveaux traitements présentés au congrès de l’ASCO 2026

Contrôler la maladie pendant des années, atteindre des patients jusque-là sans option, combiner les mécanismes d'action pour gagner en efficacité : tels sont les espoirs nourris par les résultats présentés au congrès international de cancérologie l'ASCO 2026 (Chicago) pour le cancer du poumon. Tour d'horizon des avancées qui pourraient prochainement changer la vie des patients. 

8 juin 2026

ChimiothérapieTout savoir sur

Tout savoir sur les signatures génomiques dans le cancer du sein : pour quoi, pour qui…

Éviter une chimiothérapie lourde quand elle n’est pas strictement nécessaire : c’est la promesse des signatures génomiques. Qu'est-ce que c'est ? Qui peut en bénéficier ? Sont-elles prises en charge ? Le point sur cet outil clé de la médecine personnalisée.

23 avril 2026

Droits et aidesDécryptage

Restes à charge lié au cancer du sein : qu’attend-on pour appliquer la loi ?

Le 5 février 2025, le Parlement votait à l’unanimité une loi visant à améliorer la prise en charge des soins liés au cancer du sein(1). Plus d'un an après, rien n'a changé pour les femmes touchées par la maladie. Que prévoyait le texte ? Où en est son application ? On passe au crible chacune des mesures adoptées.

27 mars 2026

{{ config.event.all }}
Mobiliser son corpsAtelier

Avirose, l’aviron adapté après un cancer du sein